Peggy ERRAKI

ATELIER RETOUR À LA TERRE

Peggy ERRAKI

Céramiste à Villers sous Chalamont, Je suis fascinée par le mouvement de la spirale, ce développement régulier qui s’enroule en un centre, que l’on rencontre dans toute forme de création…

Je retrouve ce mouvement dans la danse que j’ai pratiquée de nombreuses années.

 

Attirée par les drapés des robes des danseuses d’où émanent une liberté, une fluidité, ces formes rondes souples tournantes décrivent le mouvement et provoquent en moi, plénitude.
C’est certainement cette émotion créatrice que j’ai ressentie en regardant le film La Danseuse, réalisé par Stephanie Di Guisto. Loïe Fuller, dans sa danse serpentine, se transforme en fleur de lys, papillons… L’envie irrésistible de retranscrire cette émotion dans la matière m’anime depuis.

 

Cette matière, la porcelaine translucide, où le jeu de la lumière sur les courbes va venir mettre la pièce en mouvement et transcender l’émotion.

Je présente ici une collection de bijoux inspirés par ce mouvement, je sculpte mes bagues sur mon doigt, la terre tourne autour du corps pour le parer, celui-ci donne vie à la pièce. Chaque pièce est unique et nécessite la rencontre avec la personne qui va la porter.
Je travaille également de plus grosses pièces décoratives et lumineuses où le mouvement est toujours au centre de la pièce.
Certaines s’inspirent des pétales d’une fleur, comme celles d’une pivoine qui nous offrent sa délicate poésie.

En dialogue avec mon travail, une collaboration avec Julie Bernet Rollande, plasticienne.
L’élégance de son trait, la souplesse qu’il transcrit est en adéquation avec l’élégance de la porcelaine.
Le dialogue des deux médiums rend hommage à Loïe Fuller, sa Danse, ses dessins, la lumière, le Mouvement…
Comme une plénitude… où le trait nous emmène tourner à l’infini.

Je me suis plongée dans l’œuvre de Loïe Fuller, imprégnée de sa vision, sa force de pionnière de la danse moderne.
À partir de là, toutes mes inspirations sont revenues : depuis les drapés des colonnes des caryatides “La Valse » de Camille Claudel, les sculptures antiques et classiques aux voilages et drapés parfaits sculptés par les grands maîtres. Cette fluidité, ces émotions premières qui m’ont amenée à la sculpture il y a presque 30 ans, animent ma création.
Les émotions nous animent, la matière les rend vivantes et visibles.

La création naît de l’inspiration et de son interprétation.

Peggy Erraki

Démarche artistique

Bagues Sculpturales « Loïe »

Ces pièces font partie de la collection de bagues « Loïe » créée pour l’exposition « Rêves Botanique » à Pôle bijou Baccarat . Il s’agit d’un travail sur le mouvement du drapé de la Danse du Lys de Loïe Fuller. L’émotion traduite dans la matière
. Inspirée par la pionnière de la danse moderne, connue pour son utilisation de voiles dans ses chorégraphies, voiles qui en tournoyant la métamorphosaient en papillon ou en fleur dont son corps était le centre.

Je joue ainsi avec le rendu délicat de la porcelaine, soyeux et brillant une fois émaillé, pour proposer une bague où le corps est au centre du mouvement en drapé de cette pièce.

« La terre tourne autour du corps, pour le parer et celui-ci donne vie à la pièce. »

Inspiration

Le mouvement du développement du bourgeon à la fleur est évoqué́ par le drapé et le rendu soyeux, translucide et délicat de la porcelaine. Une empreinte végétale apparaît par transparence à la lumière, et évoque la nature du courant art nouveau. Le mouvement du développement de la fleur est majestueux, la fluidité́ et la transparence exaltées par le jeu de lumière sont rendus par cette très belle matière qu’est la porcelaine.

La pièce devient une sculpture à porter qui tourne autour du corps, le bijou n’est plus là uniquement pour parer le corps mais donner vie à une émotion par le mouvement de ce corps. Certains modèles des bagues « Loïe » sont tirées en bronze et en argent.

Je sculpte mes bagues sur mon doigt, la pièce prend la dimension de sculpture à porter, elle tourne autour du corps, et n’a plus uniquement le rôle de le parer. Le corps devient le support d’une émotion. Et la pièce prend vie.

La céramique et notamment la porcelaine lui apporte son caractère précieux par sa fragilité mais aussi sa translucidité et le mouvement que je lui donne, donc l’émotion qu’elle procure. Les pièces en bronze prennent la dimension d’un bijou de caractère qui nous transporte à son origine il se patine avec le temps, réagit à la peau, il fait corps avec la personne qui le porte…

Chaque pièce en bronze ou argent est issue d’une pièce originale en porcelaine puis tirée par un fondeur professionnel à Lyon selon la technique de la cire perdue.
 Une fois les épreuves de retour à l’atelier je peux faire la reprise de fonte et leur donner une finition unique.